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En tout cas pas du tout, et pas tout le temps. Une enquête Ipsos, réalisée pour les autoroutes de Vinci et publiée le 27 mars, nous dit que la voiture serait « indispensable ». 75% des 4000 personnes interrogées utilisent la leur pour se rendre au travail. Un piéton traverse un axe routier à Saint-Étienne. Deux pages, au Parisien mercredi 27 mars, transmettent cette information, qui peut se résumer dans cette phrase bien connue : « nous ne pouvons pas faire autrement ».

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En résumé, des entrevues avec des personnes qui n’ont pas d’alternatives fiables à la machine. Ou qui ont choisi de vivre loin des villes et de leurs transports. Et puis cette déclaration : « l’utilisation des transports publics est limitée à la région parisienne ». Et pire encore si, comme nous le rappelle l’INSEE, plus de 60% des trajets entre domicile et travail de moins de 5 kilomètres se font en voiture à travers la France.

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Mortel. La distance entre la maison et le travail, mise en infographie par Libération,2015. La voiture qu’il doit avoir ? Par conséquent, toutes les mesures visant à limiter leur utilisation seraient punitives et inapplicables au préalable. Et les nuisances de toute la voiture seraient inévitables. Changement climatique ? Dommage, on ne peut rien y faire. Le bruit des rues ? On doit s’en occuper. L’insécurité routière ? Une fatalité. Pollution ? C’est bon, n’est-ce pas ? Oui. Le Monde a publié le 28 mars, sur la base des travaux de l’association Respire, une carte des écoles, jardins d’enfants et installations sportives pour enfants en Ile-de-France. Les plus pollués se trouvent à Paris et dans les communes voisines.

La pollution est corrélée avec la proximité d’un axe routier. Actualités du journal « Le Parisien », mercredi 27 mars. Et surtout, comme l’indique l’article, « le niveau d’exposition à la pollution est fortement corrélé avec la distance par rapport à un axe routier important ». En d’autres termes, les enfants sont les victimes directes des fumées devoitures, motos et scooters traversant la rue adjacente à l’école. Et c’est dans une ville hyperdense avec 300 stations de métro, un réseau cycliste qui commence à prendre forme, et où les distances sont si limitées que 80% des courses sont à pied. Mais là où de nombreux voyages continuent de mobiliser un objet polluant, pour lequel 50% de l’espace est réservé (lire ici).

Pas seulement à Paris. Certainement « tout le monde ne vit pas à Paris ». Et d’autant mieux, de toute façon. Mais contrairement à un fantasme bien enraciné, les alternatives à la voiture ne sont pas « une exception parisienne ». Il y a des opérateurs de transports publics dans toutes les villes, quelle que soit leur taille, qui creusent leurs têtes (plus ou moins efficaces, certainement) pour installer des trains, des métros, des tramways, des bus. Il y a des sièges libres… dans la voiture, à côté du conducteur ou à l’arrière. Et mess vélos, stockés dans les garages et les chantiers, qui pourraient êtreutilisé beaucoup plus souvent s’il y avait suffisamment d’infrastructure de sécurité.

Le fantasme des deux France. Démarrage du réseau cycliste à Rennes. La France ne peut se résumer comme une région parisienne dotée de transports, d’une part, et d’autre part une vaste campagne dans laquelle « nous ne pouvons pas faire autrement ». La France n’est pas seulement Paris d’une part et… le désert français de l’autre. La réalité est beaucoup plus diversifiée : grandes villes, banlieues de grandes villes, moyennes villes, quartiers ou banlieues de ces mêmes villes, communes rurales reliées à une agglomération, villages isolés, régions de montagne, etc., et le grand magma francien, qui mérite à son tour une description de plusieurs pages.

Merci à ceux qui le font différemment. De plus, si tous les habitants du cœur de l’Ile-de-France se déplacent proportionnellement à leurs besoins et en utilisant les modes les plus vertueux à leur disposition, cetteserait vu. Partout, d’un autre côté, les gens choisissent de ne pas emprunter leurs voitures tous les jours. Nous devrions les remercier plutôt que de les blâmer en leur expliquant qu’ils sont privilégiés.

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« Loin de tout », et pour une bonne raison. Enfin, si la voiture semble « indispensable » pour beaucoup, ce n’est pas inévitable. Ce n’est pas immuable étant donné que tout le reste doit être pensé, l’urbanisme, les transports publics, les mesures contre la pollution ou le changement climatique. Dans le même sondage, nous apprenons que 30 % des répondants estiment qu’ils « vivent un peu loin de tout ». Et pour une bonne raison. Les attributs de la ville, les emplois, les magasins, les installations publiques et privées s’éloignent de plus en plus les uns des autres. Il est temps de comprendre que pasc’est la voiture qui est « indispensable », mais l’étalement urbain qui est dispensable.

Sur ce sujet : Le prix du carburant, la facture salée de la prolifération urbaine (novembre 2018)

Olivier Razemon Les écoles les plus polluées sont plus proches des autoroutes. (nouvelles sur Twitter, nouvelles du blog sur Facebook et surprenant Instagram pictogramson).

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