La rime en /wa/ fait partie des sonorités les plus mobilisées dans les exercices de poésie au primaire et au collège. Les programmes de cycle 2 et cycle 3 demandent aux élèves de mémoriser, réciter et produire des textes versifiés, ce qui suppose de disposer d’un répertoire de mots classés par son. Cet article organise les rimes en -oi par catégorie grammaticale, puis propose des modèles de strophes directement réutilisables en classe.
Rime pauvre, suffisante ou riche en -oi : ce que la versification distingue
Avant de piocher dans une liste, il faut savoir ce qu’on cherche. La versification française classe les rimes selon le nombre de sons communs à partir de la dernière voyelle accentuée. Cette distinction change la qualité sonore d’une strophe et guide le choix des mots.
| Type de rime | Nombre de sons communs | Exemple avec le son /wa/ |
|---|---|---|
| Rime pauvre | 1 son (la voyelle seule) | roi / loi |
| Rime suffisante | 2 sons (voyelle + consonne d’appui) | crois / bois (/rwa/ – /bwa/) |
| Rime riche | 3 sons ou plus | autrefois / villageois (/fwa/ partagé + contexte consonantique) |
En poésie scolaire, la rime suffisante constitue le standard accessible pour les élèves de cycle 3. La rime pauvre reste utile en CP-CE1 pour amorcer la conscience phonologique. La rime riche, elle, intervient dans les exercices de versification plus exigeants à partir de la 6e.

Liste de mots en -oi classés par catégorie grammaticale
Les dictionnaires de rimes en ligne proposent des listes brutes de plusieurs centaines de mots. Pour un usage scolaire, le tri par nature grammaticale est plus opérant : il permet de construire des phrases complètes, pas seulement des fins de vers.
Noms communs et noms propres
Les noms forment le socle du vers. Ils donnent l’image, le décor, le sujet.
- Noms concrets courants : roi, toit, bois, noix, doigt, voix, choix, poids, froid, endroit, tournoi
- Noms abstraits : foi, loi, émoi, effroi, désarroi, aloi
- Noms géographiques ou gentilés : Chinois, Danois, Lillois, Ardéchois (utiles pour les poèmes sur le voyage ou la géographie)
Verbes conjugués au présent
Les formes verbales en -oi(s) / -oi(t) ouvrent la construction de vers actifs. Quelques exemples fréquents : je crois, tu vois, il reçoit, elle aperçoit, on conçoit, je bois. Ces formes à la première ou troisième personne du singulier s’intègrent naturellement dans un poème narratif.
Adverbes et mots outils
Quelques mots invariables complètent le répertoire : autrefois, parfois, pourquoi, quelquefois, toutefois. Ces adverbes servent de charnières entre deux vers et évitent les répétitions de noms en fin de ligne.
Modèles de strophes en rimes -oi pour la classe
Disposer d’une liste ne suffit pas. Les guides pédagogiques récents insistent sur la progression par strophes courtes et sur la récitation par étapes, plutôt que sur des poèmes longs. Les modèles ci-dessous respectent cette logique.
Quatrain à rimes plates (AABB) – cycle 2
Le schéma le plus simple pour débuter. Chaque paire de vers partage la même rime, ce qui facilite la mémorisation.
Le chat se promène sur le toit,
Il guette un oiseau dans le froid.
La lune éclaire un petit bois,
Où l’on entend une drôle de voix.
Quatre vers, une seule rime : idéal pour un premier exercice d’écriture. L’élève n’a qu’un son à maintenir, ce qui lui laisse toute son attention pour le sens.
Quatrain à rimes croisées (ABAB) – cycle 3
Le schéma croisé demande d’alterner deux sons. On peut associer la rime en -oi avec une rime en -our, en -on ou en -eur pour créer un contraste sonore.
Je marche parfois sans savoir, (A)
Le vent souffle sur la colline. (B)
La nuit tombe, il fait déjà noir, (A)
Et l’étoile au loin s’illumine. (B)
Ce modèle oblige l’élève à gérer deux répertoires de rimes en parallèle. La rime croisée développe la planification du texte : il faut anticiper le vers suivant avant d’écrire le vers en cours.
Tercet à rime unique – exercice de contrainte
Trois vers, une seule rime. Le format court convient aux séances de production rapide.
Derrière la porte en bois,
Se cache un ancien roi,
Qui n’obéit qu’à sa propre loi.

Relier rime, rythme et effet sonore en poésie scolaire
Les ressources académiques récentes ne se limitent plus à la recherche de mots rimants. La préconisation est de relier rime, rythme et effet produit sur l’auditeur. En pratique, cela signifie que l’élève doit comprendre pourquoi il choisit tel mot plutôt qu’un autre, au-delà de la seule terminaison.
Le son /wa/ possède une ouverture vocalique franche. Dans un vers court de six syllabes, il crée un effet de conclusion nette. Dans un alexandrin, il peut au contraire passer plus discrètement si le mot est suivi d’un enjambement.
Quelques pistes pour travailler cet aspect en classe :
- Lire deux versions d’un même quatrain, l’une avec des rimes en -oi, l’autre avec des rimes en -ou, et faire décrire la différence d’ambiance aux élèves
- Enregistrer la lecture à voix haute (les programmes de cycle 3 insistent sur la lecture orale) et réécouter pour repérer les syllabes accentuées
- Proposer un parcours gradué : d’abord compléter un vers à trou, puis remplacer un mot, puis écrire un vers entier
Cette progression par étapes, présente dans les recueils pédagogiques récents avec différenciation de niveaux, ancre la rime dans une compétence d’écoute et pas seulement d’écriture.
La rime en -oi offre un répertoire large, du monosyllabe concret (roi, bois, voix) à l’adverbe structurant (autrefois, parfois). Le choix du mot final dépend moins de la liste disponible que de l’effet visé et du schéma de strophe retenu. Travailler d’abord sur des quatrains à rime unique, puis passer aux rimes croisées, reste la progression la plus cohérente avec les attendus des cycles 2 et 3.

