Quel spécialiste pour détecter l’autisme ?

La vision générale de l’autisme semble aujourd’hui débordée par l’égalité des sexes. Les femmes autistes, selon les statistiques, sont moins que les hommes. Et pourtant, la réalité semble tout à fait différente : les femmes autistes existent. Ils ne sont tout simplement pas détectés aussi facilement que les hommes.

Après tout, l’autisme a toujours été considéré et conceptualisé en observant les hommes autistes. Résultat ? Les femmes autistes répondent moins aux critères diagnostiques et restent mal détectées. Explication avec Sophie Giraud, psychologue spécialisée dans les troubles du spectre autistique à Chambéry, Savoie.

A lire aussi : Comment trouver un stomatologue à Aubagne ?

Les femmes atteintes d’autisme : en proie à l’errance diagnostique

Selon les dernières études publiées, la prévalence des femmes atteintes de troubles du spectre autistique est d’une fille pour trois garçons. Pour le syndrome d’Asperger, ce rapport de sexe atteindrait même une femme pour neuf hommes. Numéros cette question. Est-ce que les femmes atteintes d’autisme en fait moins ?

A découvrir également : Comment protéger la santé animale ?

Pour Sophie Giraud, l’explication est tout à fait différente : « Cette relation sexuelle est maintenant remise en question. En effet, les critères actuels pour l’autisme et les instruments de mesure sont composés d’une population majoritairement masculine », explique-t-elle. Mais des études montrent que les filles sont moins diagnostiquées comme autisme que les garçons atteints d’autisme similaire. Par conséquent, il semble que le sexe n’affecte pas réellement l’apparition des troubles autistes. Tant de filles et de garçons s’inquiéteraient.

Ainsi, les femmes autistes sont reconnues comme sous-diagnostiquées ou diagnostiquées tardivement. À mesure que la recherche progresse et que l’écart entre les hommes et les femmes tend à se rétrécir, les professionnels reconnaissent encore mal l’autisme. La confirmation est d’autant plus vraie chez les femmes où « elles ont tendance à sous-estimer les problèmes ou à les expliquer à tort ».

Un enjeu de santé publique

Parce que si les femmes ne sont pas diagnostiquées restent, ils sont souvent classés comme déprimés ou anxieux. Ces interprétations erronées risquent de conduire à une diminution de l’estime de soi chez ces femmes. Qui ne bénéficient donc pas d’une orientation personnalisée.

« Il faut dire que le diagnostic des troubles de l’autisme chez les femmes n’est pas évident », explique Sophie Giraud. « Les signes sont parfois subtils ou invisibles, les caractéristiques s’estompent à l’âge adulte, les difficultés sont maîtrisées et camouflées, ou que les manifestations autistes ne sont visibles que lorsque les exigences sociales dépassent leurs capacités. » Un diagnostic difficile qui nécessite donc un ajustement entre l’utilisation des manuels scolaires et le jugement clinique.

Un phénotype femelle

Si les femmes autistes souffrent de cette errance diagnostique, cela est en partie dû aux différences de comportement autistique entre les hommes et les femmes. En effet, le phénotype de l’autisme semble différences entre les femmes atteintes d’autisme. « Le comportement est moins problématique, les intérêts limités sont plus adaptés socialement. De plus, la motivation sociale est plus prononcée », explique Sophie Giraud. Cependant, « nous trouvons aussi des hommes ayant le même profil autistique ».

De plus, les difficultés des femmes autistes semblent être plus internalisées : « Les femmes utilisent souvent des stratégies de compensation pour maintenir une façade socialement acceptable. Une manœuvre extrêmement coûteuse en termes de fatigue et d’anxiété, créant souvent des doutes avec des troubles secondaires, y compris la dépression. Ainsi, les signes sont présents, mais pas visibles de l’extérieur. » Complexité supplémentaire pour les professionnels qui ne perçoivent pas nécessairement l’ampleur des problèmes soulevés.

Camouflage social chez les femmes autistes

Cette question sur le concept d’apparence et d’être semble être le deuxième noyau des problèmes diagnostiques. Si la reconnaissance difficile de comportement autisme chez les femmes donne une première explication, le camouflage social serait le second. « Le camouflage social consiste en des femmes autistes qui se forment dans leur environnement, pour imiter chaque détail. Et cela, de la manière la plus parfaite », explique Sophie Giraud.

Ainsi, imiter les personnes non autistes dans différentes situations sociales fait souvent partie de la vie quotidienne des femmes autistes qui s’ignorent mutuellement. « C’est une façon de fusionner dans les masses pour être comme les autres. La copie semble la chose à faire pour ne pas être stigmatisée si vous n’avez pas les instructions d’utilisation. À la suite de l’observation et de l’apprentissage, les femmes autistes deviennent souvent de vrais caméléons. »

Connaître et être reconnu par les autres est un besoin humain. Que beaucoup de gens errent sur leur identité, ce qu’ils ressentent, veulent remplir. L’assimilation du fonctionnement dans la société, les attitudes comportementales, tacite que semblent être un question de sécurité et de confort psychologique.

Femmes autistes, risques et frontières

Cette volonté de répondre aux attentes sociales n’est pas triviale. Les efforts visant à imiter et à faire correspondre les modèles féminins sont considérables. Les risques de souffrance sont élevés. « Les exigences des masses et la dissimulation des propriétés autistes exigent un effort considérable. Cela conduit à une fatigue extrême, un stress constant, une perte de confiance en soi et un impact négatif sur l’identité. Par conséquent, les femmes autistes ne connaissent pas leurs limites et leurs besoins, parfois elles génèrent des dérives. »

Cependant, les risques de camouflage social ne semblent pas être les seuls. « Malheureusement, certaines études sur le nombre de femmes autistes exposées à la violence sexuelle sont froides dans le dos. En raison d’un manque de compréhension des relations, de la naïveté sociale et d’une forte motivation pour les échanges, les jeunes femmes peuvent être vulnérables pour les prédateurs. Ils peuvent être dans des situations dangereuses sans les remarquer. Et acceptez les exigences sexuelles avec une certaine passivité », explique Sophie Giraud.

Que faut-il faire pour atténuer ces risques et conséquences négatives ? « Informez autant que possible afin que les professionnels, les parents et les enseignants puissent identifier les signaux d’avertissement le plus rapidement possible. De même, le diagnostic précoce permet d’adapter la prise en charge et d’anticiper de nombreuses difficultés ou malentendus ».

Retrouvez la liste des psychiatres près de chez vous sur www.conseil-national.medecin.fr

SAVOIR

Une nouvelle étude publiée en 2020 suggère que les différences entre les hommes et les femmes atteintes d’autisme peuvent s’expliquer par des mécanismes neurobiologiques. Les hommes semblent avoir un équilibre excitation-inhibition différent dans les zones cérébrales liées à la cognition sociale. Cela peut expliquer en partie pourquoi le Le phénomène du camouflage se produit dans l’autisme des femmes et moins souvent chez les hommes.