Poser une bandoulière sur un sac cousu main, c’est ouvrir la porte à mille combinaisons. Poignées ou bandoulière ? Les premières s’installent sur les faces avant et arrière, la seconde prend place sur les côtés. La question du montage, elle, reste pleine de nuances : couture directe, passage par des anneaux, ou intégration subtile entre les coutures lors de l’assemblage. Les possibilités ne manquent pas.
Dans cet article, on va passer en revue :
- la fabrication d’une sangle (à transformer au choix en poignée ou bandoulière)
- la fixation de cette sangle sur le sac pour obtenir une bandoulière
Illustrons tout ça avec quelques cas concrets. Prenez une poignée insérée dans les coutures du sac, une autre cousue via des anneaux, ou encore une bandoulière réglable fixée avec accessoires. Pour les bandoulières, deux grandes familles se distinguent :
- la bandoulière non réglable
- la bandoulière réglable, qui requiert anneaux et curseur
La version non réglable peut s’attacher directement sur le sac, « posée et cousue dessus » ou intégrée dans les coutures, ou bien être montée sur anneaux. La bandoulière réglable, elle, se distingue par la présence du curseur et d’anneaux. Dans tous les cas, il faudra préparer une sangle, avec extrémités « finies » ou non, selon le montage choisi.
Voici le plan d’attaque :
- fabrication de chaque type de sangle (étape 1)
- préparation des attaches pour les anneaux (étape 2)
- montage de la bandoulière sur le sac, selon les trois variantes (étape 3)
Étape 1 : Préparer la sangle
La sangle, c’est la colonne vertébrale de la bandoulière. Même principe pour une poignée. Plusieurs approches s’offrent à vous :
Première option : utiliser une sangle toute faite ou un cordon du commerce. Rapide, efficace, parfait pour aller droit au but. On peut customiser en ajoutant un ruban décoratif (paillettes, satin, gros-grain) cousu sur la sangle. Exemple : une sangle « doudou » agrémentée d’un ruban à paillettes, cousue en poignée sur un petit sac.
Deuxième option : confectionner une sangle en tissu avec deux rectangles. Il suffit de placer les rectangles endroit contre endroit, de coudre les grands côtés, de réduire les marges, de retourner le tube obtenu, puis de surpiquer. La largeur finale se calcule ainsi : largeur souhaitée x 2, plus les marges (généralement 1 cm de chaque côté). Pour les tissus épais, prévoyez un peu plus de largeur et crantez bien les marges pour éviter la perte de largeur au retournement.
L’avantage ? Deux faces différentes, si on joue avec les tissus. L’inconvénient ? Le retournement peut être pénible avec des matières épaisses, et froisser certains tissus fragiles. Cette méthode fonctionne avec la plupart des tissus, à condition de ne pas choisir un matériau trop rigide.
Troisième option : plier un grand rectangle de tissu en deux, assembler sur le bord ouvert, retourner puis surpiquer. La largeur à couper correspond à : (largeur souhaitée x 2) + 2 cm. Cette technique, simple et rapide, évite le retournement fastidieux.
Quatrième option : créer une sangle en tissu ou simili cuir plié façon biais. On découpe un grand rectangle, on plie chaque bord vers le centre, puis on superpose les bords et on coud. Largeur à prévoir : (largeur finale x 2) + 2 cm. C’est la méthode idéale pour du simili cuir épais ou toute matière difficile à retourner. Elle évite la formation de plis et, pour le simili, il existe des bandes thermocollantes exprès (les fameuses « perfobandes ») qui facilitent la tâche.
- Cette technique s’avère incontournable avec des matières épaisses.
- Elle préserve la surface du tissu, évite les plis disgracieux.
- Les bandes thermocollantes dédiées sont d’un secours précieux, surtout avec le simili cuir.
Un bémol toutefois : un côté de la sangle sera légèrement plus épais, là où se superposent les plis.
Enfin, pour une finition plus sophistiquée, on peut combiner tissu et ruban. On plie chaque bord du rectangle vers le centre, on pose le ruban sur le dessus, puis on coud. Prévoyez un ruban légèrement moins large que la sangle (environ 5 mm de moins). Cette méthode brille par sa rapidité et son rendu éclatant.
- Pas besoin de fer à repasser avec la plupart des tissus (hors simili).
- Le résultat a du peps.
Si la sangle doit avoir des extrémités visibles, typiquement pour une poignée ou une bandoulière réglable, il faut soigner leur finition. Deux solutions : replier l’extrémité deux fois et la coudre comme un ourlet (attention, sur du simili cuir épais, cela devient vite trop volumineux), ou bien préférer une fabrication dite « extrémités finies », où la sangle est cousue tout autour, retournée, puis surpiquée pour une finition nette et durable.
Pour la méthode « deux rectangles », l’astuce consiste à laisser une ouverture sur un grand côté pour retourner la sangle, puis à refermer en surpiquant tout autour. Sur la variante de la sangle pliée, il suffit de replier les pointes sur 1 cm avant de former la sangle : cela limite l’épaisseur aux extrémités et garantit une finition soignée. Avec la technique du ruban, pliez les bords du tissu et ceux du ruban pour un rendu propre des deux côtés.
Quelle longueur pour la bandoulière ?
Le choix de la longueur dépend du type de bandoulière (réglable ou non) et du porteur.
- Pour une bandoulière non réglable : mesurez la longueur souhaitée à l’aide d’un mètre ruban, comme si vous portiez le sac. Pour un sac à l’épaule, comptez environ 90 cm, pour un porté croisé, tablez sur 120 cm. Pour un sac d’enfant, 85 cm suffisent généralement.
- Pour une bandoulière réglable destinée à un adulte, prévoyez entre 110 et 120 cm pour garder une vraie marge d’ajustement.
Étape 2 : Coudre les attaches pour les anneaux
On prépare une petite sangle de 6 à 12 cm, de la même largeur que la bandoulière. Deux cas de figure :
- Si les extrémités sont prises dans les coutures du sac, une sangle simple suffit, aucune finition nécessaire.
- Si la fixation est cousue à plat sur le sac, deux options : coudre la fixation directement en repliant l’extrémité pour cacher le bord, ou utiliser des rivets, très pratiques pour le simili cuir.
Pour coudre une attache « prise dans la couture » avec la méthode des deux rectangles, on fabrique deux petits rectangles de la même largeur que la bandoulière, sur 10 cm de long. On glisse la mini-sangle dans l’anneau, on fait une piqûre au ras pour bloquer l’anneau si besoin, puis on positionne l’ensemble sur la paroi du sac, prêt à être pris en sandwich entre deux couches de tissu lors de l’assemblage. Astuce : ajustez la longueur de la fixation selon le rendu esthétique recherché, en dépassant plus ou moins la sangle hors du bord du sac.
Pour les attaches cousues à plat, si le dessous restera invisible, on peut se permettre une finition express, simplement en repliant le bord de la sangle sur elle-même avant de la fixer.
Étape 3 : Fixer la bandoulière sur le sac
Trois variantes principales s’offrent à vous pour l’assemblage final.
1. Bandoulière non réglable cousue directement sur le sac
- On prépare une sangle aux extrémités brutes.
- On la glisse entre deux couches de tissu pendant l’assemblage du sac.
On peut placer la sangle entre le tissu extérieur et la doublure, au niveau des côtés ou du bord supérieur. Première étape : coudre l’extrémité de la sangle sur le premier tissu, à 5 mm du bord. Puis, on place la doublure endroit contre endroit, et on coud à 1 cm. Autre méthode : utiliser une sangle aux extrémités finies et la fixer directement sur la face du sac, sans l’insérer dans les coutures.
2. Bandoulière non réglable fixée sur des anneaux
- On commence par fixer les anneaux à l’aide des petites sangles préparées à l’étape précédente.
- Chaque sangle est repliée autour de son anneau puis insérée entre deux couches de tissu lors de l’assemblage du sac, ou cousue directement sur la paroi.
On prépare ensuite une bandoulière selon la méthode souhaitée. Pour l’attacher, on passe l’extrémité de la sangle dans l’anneau, on replie le bout sur lui-même et on coud, prenant au passage toutes les épaisseurs. Pour des tissus épais, on préfère une sangle aux extrémités finies, repliée une seule fois pour limiter la surépaisseur.
3. Bandoulière réglable, fixée sur des anneaux avec curseur
On prépare une sangle aux extrémités finies, d’environ 120 cm. Les anneaux et leurs attaches sont installés comme vu précédemment. La sangle passe dans le curseur (comme pour un soutien-gorge), puis dans le premier anneau de l’intérieur vers l’extérieur. On repasse ensuite la sangle dans le curseur, sur la branche du milieu, puis dans le second anneau, cette fois de l’extérieur. On termine en cousant la fin de la sangle sur elle-même pour bloquer le tout. Résultat : une bandoulière ajustable, solide, et à la finition impeccable.
Pour une version amovible, il suffit de remplacer les anneaux par des mousquetons, et le tour est joué.
La bandoulière, c’est le détail qui transforme un sac cousu main en pièce unique et pratique. Entre choix des matériaux, techniques de couture et finitions, il y a matière à affirmer son style. À chacun de trouver sa méthode favorite et, surtout, d’oser personnaliser. L’artisanat, c’est aussi ça : des mains qui choisissent, testent, adaptent, et au bout du compte, donnent au sac cette touche singulière qui le rend inimitable.
