Des milliers de kilomètres carrés, une mer d’azur, et pourtant, ce n’est pas (seulement) pour ses plages que les voyageurs s’entassent à Palma de Majorque. Ici, certains traversent la Méditerranée avec une idée fixe : s’installer à une table, lever les couverts, et goûter à l’âme de l’île. Cinq recettes locales se glissent partout, des marchés aux terrasses, et méritent qu’on s’y attarde sans détour.
La morue aux pommes de terre et sauce aïoli : un classique majorquin à ne pas manquer
Impossible de flâner entre les ruelles de Palma sans croiser, à un moment ou un autre, ce plat phare : la morue aux pommes de terre, relevée d’une sauce aïoli puissante. Sur l’île, ce mariage terre-mer a conquis les tables et les cœurs. La recette de base ? On prépare des filets de morue, accompagnés de généreuses rondelles de pommes de terre. L’aïoli, souvent maison, assemble ail, huile d’olive et une pointe de moutarde. Certains y ajoutent des carottes, de l’oignon ou des haricots verts pour une touche de couleur et de croquant. Une fois l’assiette servie, le parfum de la Méditerranée s’invite à chaque bouchée.
Cremadillos : douceur ou salé, impossible de choisir
Si l’envie vous prend d’explorer les spécialités de Palma à l’heure du goûter, les cremadillos s’imposent comme une évidence. Véritables stars des vitrines, ils se déclinent en deux versions bien distinctes, toutes deux à découvrir sans hésiter :
- La version sucrée, avec sa crème anglaise onctueuse, parfois parfumée de confiture ou garnie d’un soupçon de chocolat ;
- La version salée, qui fait honneur à la viande d’agneau hachée, subtilement assaisonnée.
Impossible de dire laquelle remporte la palme. Les deux s’attrapent à la main, se dégustent tièdes, et font partie de ces plaisirs simples qui laissent un souvenir précis sur le palais.
Ensaimada : la véritable icône de Majorque
S’il fallait désigner le porte-étendard de la pâtisserie locale, l’ensaimada décrocherait sans contestation la première place. Cette spirale aérienne, saupoudrée de sucre glace, se déguste au petit-déjeuner comme au dessert. Sa recette s’appuie sur la graisse de porc, mais aussi sur la farine, la Maïzena, le sucre, un soupçon d’eau de fleur d’oranger, de l’huile et du lait. Le tout levé, roulé, puis cuit en quelques minutes seulement. À la première bouchée, c’est la douceur majorquine qui s’impose, simple et généreuse.
Coca de Trampo : la tarte salée qui a conquis Palma
La coca de Trampo trône en bonne place sur les cartes des restaurants du centre-ville. Cette tarte salée, fine et colorée, réunit tomate, poivron, oignon, et parfois d’autres légumes de saison. Le tout repose sur une pâte qui croustille à la sortie du four. Que l’on soit assis dans un bistrot animé ou sur la terrasse d’un café face à la mer, cette recette locale s’adapte à toutes les faims, et à toutes les envies.
Frito Mallorquin : l’accompagnement qui ose tout
Certains plats se contentent de la discrétion. Pas le frito mallorquin. Ce mets d’accompagnement, robuste et parfumé, se compose d’un mélange de viande de porc, de pommes de terre et d’abats comme le foie ou le rognon. On y ajoute l’incontournable feuille de persil et d’autres herbes qui réveillent l’ensemble. Ce plat, souvent partagé lors des grandes tablées familiales, rappelle que la gastronomie majorquine n’a rien d’aseptisé : elle est directe, généreuse, et s’invite partout où l’on célèbre la convivialité.
À Palma, la cuisine s’écrit à la première personne, dans la chaleur des marchés ou l’intimité d’une cuisine familiale. Goûter ces recettes, c’est accepter l’invitation à ralentir, à s’asseoir, et à laisser la Méditerranée raconter son histoire, assiette après assiette.

